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Cette application permet d’une part aux filles/femmes de s’impliquer pleinement et facilement

Interview avec Rahanatou Adamou :Dénoncez les violence faites aux femmes à travers une application mobile

 

Rahanatou Adamou – Je suis Rahanatou Adamou d'origine Africaine, communicatrice de formation /web woman étudiante en cours d’anglais, je suis activiste genre, coordonnatrice d’ONG pour  l’éducation et la protection de la jeune fille nigérienne en particulier et africaine en général. (ONAAEF)

Je suis également présidente du mouvement nigériens des féministes pour l'équité qui compte aujourd'hui 300 membres actives, j'interviens également dans plusieurs domaines (la  sensibilisation la formation des détenus femme et fille, formation en entrepreneuriat bref je suis une jeune combattante pour le droit de la jeune fille ) .

Sahel24- Comment comptez-vous exploiter le numérique pour dénoncer les pratiques néfastes qui bloquent le bon déroulement du cursus scolaire de la jeune fille africaine ?

Rahanatou Adamou - Nous avons créé une application digitale qui sera bientôt sur Play store pour permettre aux jeunes filles africaines de dénoncer certaines pratiques qui bloquent le bon déroulement de leur cursus scolaire.

C’est une  Plateforme numérique de plainte et de dénonciation  elle est d’ abord une application Android ; elle servira de cadre d’échange, de confidentialité et de résolution de problèmes entre les acteurs de l’éducation/protection ; de la jeune fille et de la femme africaine, dont le but est de briser les tabous.

Cette application  permet d’une part aux filles/femmes de s’impliquer pleinement et facilement à la résolution  des problèmes qui freinent leurs cursus scolaires, du maintien à l’école et le devenir de ces dernières en général.

Avec cette application, les filles peuvent agir en dénonçant certaines pratiques néfastes dont elles sont victimes, entre autres (le mariage forcé ou arranger, le viol, le harcèlement sexuel ; les grossesses non désirées en milieu scolaire) et ensuite transmettre aux décideurs (police /gendarmerie/justice) les infractions et plaintes pouvant être sanctionnées par une amende ou une condamnation à la justice.

D’autre part l’application peut être utilisée pour d’autres fins comme un outil pour démanteler un réseau de terroriste, trafic de Drogue, trafique d'enfants et autres Nous avons créé cette plateforme dans laquelle l’utilisateur va créer son propre compte pour une question de confidentialité.

Apres la création du compte, l’utilisateur suivra toutes les indications afin de choisir l’option qui lui convient  pour dénoncer ou porter plainte en donnant tous les détails suivants :

. Choisir soit l’option plainte ou dénonciation,

. Mettre l’adresse complète (pays, ville, contact, mail)

. Langues (anglais, français ou hausa)

. Le motif 

. Moment du fait (date, lieu,  heure)

. Joindre une preuve matérielle est un atout (photo ; vidéo ; audio)

. Le numéro de la pièce d’identité  en cours de validité

 Soumettre à:

 . Police

 . Gendarmerie

 . Justice

Sahel 24- Pourquoi vous avez choisi, le numérique pour dénoncer ces pratiques néfastes ?

Le XXIe siècle est marqué par une forte avancée technologique, presque toutes les actions du développement durable mènent vers le numérique. Alors nous avons choisi le numérique  parce qu’il est devenu vital. C’est le moyen le plus accessible, rapide, fiable et confidentiel.

Aujourd’hui nombreuses sont celles qui se font harceler, agresser ou violer, et très malheureusement certaines de nos coutumes africaines, la femme ou la jeune fille victimes d’abus sexuels ou toutes autres infractions assimilées sont contraintes de garder le silence pour préserver l’honneur de la famille, surtout si cela vient d’un proche parent. Pour la plupart des temps ces dernières sont délaissées à elle-même, elles sont traumatisées et deviennent la risée de la société. Peu d’entre elles ont le courage d’affronter leurs situations et décident de faire face à la justice pour se faire prévaloir de leurs droits.

Cette application sera la cheville ouvrière pour la protection des femmes et filles de l’Afrique (à travers le téléphone portable un agresseur ou un réseau de malfaiteurs seront démantelés et punis par la loi) et cette dernière aura enfin un outil qui lui permettra de se faire entendre, jouir de ses droits et être protéger.

Sahel 24 - Pensez-vous que les filles et femmes Nigériennes utiliseront le numérique pour dénoncer des cas de mariages précoces par exemple ?

Le projet a une dimension internationale, parce que le monde est devenu comme un village planétaire grâce au numérique, alors il n’est pas destiné qu’aux nigériennes seulement. Presque tout le monde a accès à un téléphone portable maintenant, et beaucoup de mariages précoces, mariages forcés ou arrangés sont célébrés en Afrique.

Pour le cas du Niger, nous dirons que cette plateforme est la bienvenue car, de plus en plus les femmes/filles nigériennes veulent s’affirmer et dénoncent les pratiques malsaines telles que le mariage des enfants, car 77% des filles sont mariées avant l’âge de 18ans.

Le président nigérien S.E Mohamed Bazoum lors d’un symposium face aux chefs traditionnels disait << pour que vous prêchiez par exemple et non pas seulement par la parole, ne serait-ce pas possible qu’au terme de ce symposium vous preniez une solution dans laquelle vous vous engagez à ce que ni sultans, ni chefs de cantons, ni chefs de groupements ne prennent plus en mariage des filles âgées de moins de 18ans ? >>   

Cette réalité est à l’origine de nombreux cas d’abandon scolaires des jeunes filles.

Avec l'existence de cette application si les chefs coutumiers n’honorent pas leurs engagements nous allons amener les cibles à faire des dénonciations (comprenez déjà que plusieurs filles de la région de Tahoua nous contactent concernant ces questions. )

Avant de clore mes propos, j’ose espérer que mon interview fera le tour du monde et pour cela je lance un appel à l'endroit des gouvernants de l’Afrique, du président en exercice de L'union Africaine, UEMOA ,la CEDEAO  et de ses partenaires ,qu'en Afrique nous avons des problèmes communs en ce qui concerne la femme et la jeune fille ,il faut mettre plus l'accent sur leur protection et surtout de les impliquer dans une lutte proprement dédiée à elles .

Sachez que c'est la femme qui sente la douleur d'un viol et non l'homme qui est chargé des questions du viol dans un pays.

Ce n’est pas pour écarter les hommes mais de dire que les femmes doivent être au-devant de la résolution des problèmes auxquels elles font face.

 


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